Courrier des lecteurs - N°128 - Juin-Juillet 2018

Notre ami le Danay

Pierre Baugey, habitant du Grand-Bornand, moniteur de ski, ancien conseiller technique et sportif de la Jeunesse et des Sports, ancien conseiller municipal.
Les stations sœurs de La Clusaz et du Grand-Bornand possèdent un trésor à portée de main - le Danay - mais ne s’en servent pas pour l’instant. 
La boutade courante est de dire de part et d’autre que si « les enfants du Grand-Bornand ou de La Clusaz (vice-versa) ont de grandes oreilles, c’est parce que leurs parents les soulèvent par icelles en leur disant : Regarde ce qu’ils font de l’autre côté ! ».
Bien sûr, c’est une plaisanterie mais qui pourrait bien refléter ce que les gens pensent au fond d’eux-mêmes.
 
Il est temps que ce Danay ne soit plus une frontière mais un lien.
Les lois de structuration d’urbanisme mettent en place les Schémas de cohérence territoriale (SCOT) et Super SCOT et de Bassin qui sont des règlements juridiquement supérieurs à nos Plans locaux d’urbanisme (PLU). Il faut nous décider avant qu’il ne soit trop tard. Le SCOT Tournette Aravis est encore ouvert pour quelques mois et il nous faudra ensuite attendre au moins 10 ans une prochaine révision. Il y a donc urgence…
Pour ma part, j’avais noté dans un compte-rendu d’assemblée générale d’office du tourisme que l’on ne se souciait déjà d’une liaison. C’était en 1977. De multiples rencontres ont eu lieu depuis entre les élus de La Clusaz et du Grand-Bornand et n’ont servi pratiquement à rien ou à si peu.
On reparle à présent de cette fameuse liaison, heureusement, mais arrêtons alors de rechercher les problèmes. Mettons en avant notre intérêt d’avenir commun, cessons nos jalousies qui ne font pas avancer. Faisons des efforts pour nous comprendre, et des compromis s’il le faut. L’enjeu est trop important. Il ne serait pas convenable que les concitoyens des deux communes puissent dire de leurs élus dans quelques années : « Ils pouvaient le faire, mais ils n’ont rien fait ».
 
Je ne vois que de bonnes raisons et pas de mauvaises à réaliser la liaison par le Danay :
- Toutes les tendances vont le sens des stations reliées par remontées mécaniques et par pistes ;
- Une liaison par route compte peu, on le sait ;
- La plupart de ces liaisons sont très bénéfiques ; c’est prouvé notamment par le produit fiscal annuel des communes publié par le ministère du Budget qui augmente de 15 à 20 % pour les communes les années qui suivent leur liaison ;
Cette liaison nous ouvrira encore plus les marchés touristiques étrangers qui sont porteurs d’avenir et d’opportunités.
Le Danay est un magnifique outil qui, s’il permettait d’agrandir le domaine skiable du Grand-Bornand, agrandirait aussi celui de La Clusaz (les skieurs ne voient pas de frontière au bout de leurs spatules). Pour La Clusaz, il ouvre en même temps un domaine de proximité (en forêt) que l’on ne retrouve pas ailleurs sur son domaine skiable, hormis Beauregard.
Que dire de l’intérêt que représente le Danay en été pour les deux stations et pour ses voisines, je vous laisse y réfléchir.
 
Pour terminer, je voudrais dire à ceux qui s’inquiéteraient de la perte d’identité de nos stations qu’il faut regarder ailleurs : 
- Avoriaz, Morzine et Châtel (cette dernière réalise un chiffre d’affaire supérieur en matière de remontées mécaniques à l’une ou l’autre de nos deux sociétés de remontées mécaniques respectives), parties prenantes des « Portes du soleil » ;
- Courchevel, Méribel, Val Thorens et les Menuires, stations des « Trois vallées ».
Je pourrais citer d’autres domaines reliés dont certains ont fait des liaisons beaucoup plus difficiles à réaliser que celle que nous espérons.
Or, ces stations ont-elles perdu leur âme ? Non. Elles sont toujours reconnues pour ce qu’elles sont de par le monde.
Je voudrais aussi mettre en avant le poids politique et économique que prendrait le massif des Aravis dans les futurs contextes territoriaux et qui lui permettrait de mieux défendre ses intérêts.
 
Qu’en pensez-vous ?
Commentaires des internautes
Patrick - le 20/09/2018 à 22:27
Projet irréaliste et pas raisonnable compte tenu du réchauffement climatique et de l'altitude de ce secteur.Voir l'article sur les caprices de l'or blanc. Il y a d'autres façons de valoriser cette partie du massif qui est jardin formidable pour la randonnée, la raquette, le VTT et même l'initiation au ski de randonnée. Pourquoi vouloir toujours dénaturer la montagne par toujours plus d'équipements mécaniques. Il est temps de devenir réaliste et le toujours plus et toujours plus grand ne doit pas être une fin en soi.
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