Manigod - N°64 - Octobre/Novembre 2007

PLU : l’heure du diagnostic

Entamée depuis un an, la révision du document d’urbanisme communal est arrivée à sa phase «diagnostic» mettant en exergue les grands objectifs de Manigod.

 

Une première réunion publique s’était déroulée en décembre 2006, la seconde a eu lieu le 6 juillet dernier où ont été présentés le diagnostic et les enjeux de la révision du document d’urbanisme le faisant passer d’un POS (plan d’occupation des sols) datant de 1991 (modifié en 1995) à un PLU (plan local d’urbanisme). Ce nouveau document entrera en vigueur fin 2009 après que toutes les phases d’élaboration auront été respectées. Entre temps, un projet d’aménagement et de développement durable (PADD) aura été défini en mars 2008, puis viendront le zonage, une concertation publique ainsi qu’une enquête publique. Le PLU devra être compatible avec le schéma de cohérence territoriale (Scot) dont l’élaboration se fait actuellement par la communauté de communes de la vallée de Thônes.

Ce nouveau document est devenu obligatoire pour se mettre en conformité avec les nouvelles lois (SRU et Urbanisme et habitat) mais aussi parce que «certaines zones posaient problème selon la loi Montagne et que nous devions clarifier la situation», souligne le maire. Bruno Sonnier rappelle que les enjeux pour Manigod passent par un équilibre entre agriculture et tourisme mais aussi un urbanisme contenu. «Pour l’agriculture nous devons préserver des terrains. C’est surtout une question d’équilibre parce que nous devrons bien avoir des terrains pour construire.» Manigod compte à ce jour vingt-huit exploitations agricoles. En matière de tourisme, l’élu explique que dans le PLU devra être retravaillé un aménagement du col de la Croix Fry. «L’idée forte est de créer des lits touristiques en location pour du remplissage à 80 % et ainsi d’avoir des touristes toute l’année, de créer des emplois permanents et d’apporter un soutien aux commerçants présents.» Plus question de privilégier la résidence secondaire aux volets clos les trois quarts de l’année. Le maire cite ainsi en exemple le village de Lessy au Chinaillon, résidence de haut standing, où une agence s’occupe de commercialiser les appartements.

Dans les grands thèmes détaillés dans le diagnostic du futur PLU, lors de la réunion du 6 juillet, Ange Sartori, urbaniste de l’agence Territoires, est revenu sur la population et les logements. Ce sont bien les perspectives de croissance de la population qui détermineront les futurs besoins en logement. Il s’agit de permettre à des jeunes, des familles et des personnes âgées de se loger à Manigod ; de privilégier l’accueil de nouvelles populations d’abord au chef-lieu ; et de soutenir le développement de nouveaux logements locatifs. La croissance de la population manigodine a été de l’ordre de 24 % entre 1990 et 1999, bien supérieure à la moyenne départementale (11,1 %). Lors du recensement de 2006, la population se chiffrait à 924 habitants. «Nous devons essayer d’influer sur l’offre de logement, a souligné Ange Sartori. Cette offre est à renforcer et à adapter en quantité suffisante pour favoriser une mixité sociale.»

En terme d’économie et d’emplois, le diagnostic porte sur l’installation des activités artisanales qui reste à optimiser, bien qu’elles soient déjà très présentes avec 20 établissements occupant 51 emplois. L’agriculture est présentée comme un facteur d’attractivité, une force économique ayant des contraintes fortes. Le maire a pointé du doigt les interrogations quant à l’avenir de l’agriculture du pays de Thônes et le devenir du reblochon fermier en particulier dont les ventes sont en régression constante depuis plusieurs années. Quant au secteur touristique, il est préconisé de diversifier l’offre estivale et le tourisme vert pour un meilleur équilibre entre l’hiver et l’été. Ce qui peut se conduire en parallèle avec la poursuite de l’aménagement de nouveaux sentiers et cheminements piétonniers sécurisés pour une meilleure circulation mais aussi une politique en faveur des circulations vertes (randonnée pédestre, circuit VTT, parcours raquette). Dans les enjeux en terme de déplacement, le développement de transports collectifs est mis en exergue. «Manigod est loin des villes. Ce sera une nécessité de conforter le transport collectif même si ce mode est toujours déficitaire», a insisté Ange Sartori.

Enfin, Manigod, c’est un paysage reconnaissable avec son Endroit et son Envers où l’authenticité est encore visible. Le PLU devra aussi tenir compte de ces particularités, faire en sorte de permettre un développement pour la population, tout en se conformant à des contraintes dues à ce patrimoine naturel à préserver. Comme rénover les bâtiments communaux existant sans dénaturer le paysage, et privilégier la qualité plutôt que la quantité. Le PLU va déterminer les politiques futures pour au moins dix ans dans tous les domaines qui touchent à la vie quotidienne des habitants et des visiteurs.


Documents consultables à la mairie

 

Un certain nombre de documents relatifs au projet du plan local d’urbanisme (PLU) sont consultables à la mairie. En premier, est à disposition du public un cahier de doléances où peuvent s’écrire toutes les remarques allant dans le sens de l’intérêt général relatif au futur PLU. Sont consultables les dispositions réglementaires : lois à respecter dans la mise en place de ce document d’urbanisme comme la loi Montagne, la loi sur l’eau, etc. Un fascicule présente la démarche communale, soit en une synthèse, soit le gros livret où tout est détaillé. Sont encore visibles les comptes rendus des réunions publiques ; la synthèse du diagnostic effectué et de toutes les réunions de travail, ainsi que les annexes sanitaires.

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Courrier des lecteurs
Nous avons reçu un courrier de M. Jean-Claude Rolland, propriétaire d’une résidence secondaire au Grand-Bornand, sur la suppression de la gratuité du forfait ski pour les seniors ; courrier d’abord envoyé au président de la SAEM des remontées mécaniques du Grand-Bornand en date du 13 janvier. M. Rolland souligne qu’il en fait plus un problème de principe que financier et pense qu’il n’est pas le seul à être choqué par cette mesure mesquine.

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